Approfondir les grands enjeux de la santé
Qu’est-ce que la FSPQ, exactement?
La Fédération de la santé privée du Québec rassemble des médecins, des professionnels, des cliniques, des réseaux et des entreprises de soins. Nous travaillons à mieux faire comprendre leur contribution, à structurer le secteur et à faire avancer des solutions qui améliorent l’accès aux soins au Québec.
Pourquoi avez-vous créé une fédération de la santé privée?
Parce que des milliers de professionnels et d’entrepreneurs privés contribuent déjà chaque jour à la santé des Québécois.
La FSPQ a été créée pour mieux structurer cette contribution, favoriser des pratiques responsables et faire en sorte que le secteur privé puisse jouer pleinement son rôle pour améliorer l’accès aux soins, offrir davantage d’options aux patients et contribuer à la capacité globale de notre système de santé.
Notre objectif est simple : faire en sorte que les Québécois puissent recevoir les bons soins, au bon moment, peu importe le modèle qui les rend possibles.
N’existe-t-il pas déjà des organisations qui représentent le privé?
Plusieurs organisations représentent déjà certains secteurs ou certains acteurs spécifique de la santé privée au Québec, et leur contribution est importante.
La FSPQ a été créée avec une ambition particulière : fédérer les citoyen, les professionnels, les cliniques et les entrepreneurs qui soutiennent ou offrent directement des services de santé aux Québécois, et porter leur réalité dans le débat public.
Nous voulons contribuer à une réflexion plus large sur la place que peut occuper la santé privée dans notre système, sur les conditions qui doivent encadrer son développement et, surtout, sur la façon dont elle peut améliorer concrètement l’accès aux soins pour les Québécois.
Plus il y aura d’acteurs capables de contribuer sérieusement à cette conversation, plus le Québec pourra avoir un débat éclairé sur l’avenir de son système de santé.
Qu’est-ce que le privé peut réellement apporter aux patients?
Plus de points d’accès, des délais plus courts, des horaires plus flexibles, des modèles multidisciplinaires, l’adoption rapide de technologies et différentes façons d’organiser les soins.
Le privé peut expérimenter de nouvelles approches et démontrer ce qui permet à une équipe de prendre soin de davantage de patients avec les ressources disponibles.
Pour nous, la valeur d’une solution doit toujours se mesurer par ce qu’elle change concrètement pour le patient.
Est-ce que vous voulez remplacer une partie du système public?
Le réseau public demeure au cœur de l’universalité de notre système. Nous voulons donner au secteur privé une place claire et responsable partout où il peut augmenter la capacité, améliorer l’accès ou offrir une meilleure expérience aux patients.
Le privé retire-t-il des professionnels du réseau public?
Lorsqu’un professionnel quitte le réseau public pour exercer ailleurs, le nombre total de professionnels de la santé demeure le même. La capacité d’un système dépend toutefois de la façon dont ces professionnels travaillent.
Les organisations privées sont généralement plus petites et plus agiles. Elles peuvent modifier rapidement leurs horaires, leurs processus, leurs technologies et leur organisation du travail.
À ressources comparables, deux organisations peuvent donc produire des résultats très différents pour les patients. Il faut aussi tenir compte des professionnels qui quittent complètement la pratique clinique. Certains réduisent leurs heures ou changent de carrière parce que les conditions de travail ne leur conviennent plus.
Lorsqu’une pratique différente leur permet de continuer à soigner des patients, cette capacité demeure disponible dans le système de santé québécois.
Pour la FSPQ, la mesure importante est simple : la capacité réelle créée pour les patients.
Le privé crée-t-il une médecine à deux vitesses?
Il faut distinguer qui offre le soin et qui finance le soin.
Une organisation privée peut offrir des services financés publiquement.
Au Québec, plusieurs soins sont déjà offerts par des organisations privées tout en étant couverts par la RAMQ.
C’est notamment le cas de nombreux GMF et de certains services offerts dans des établissements privés.
Pour la FSPQ, l’accès universel aux soins médicalement nécessaires doit demeurer un principe fondamental du système québécois.
Le secteur privé peut contribuer à augmenter l’offre de soins tout en respectant ce principe.
Le privé coûte-t-il plus cher?
Une comparaison sérieuse doit tenir compte du coût complet d’un épisode de soins.
Ce coût comprend les infrastructures, les équipements, le personnel clinique, l’administration, les technologies, la gestion et les fonctions de soutien.
Dans le réseau public, ces dépenses sont réparties entre plusieurs établissements et plusieurs niveaux administratifs. Il devient donc difficile d’établir un coût complet comparable pour chaque épisode de soins. Les entreprises privées intègrent déjà leurs coûts d’exploitation dans leur tarification.
La FSPQ croit que le Québec gagnerait à mesurer de façon beaucoup plus transparente le coût complet des soins, les délais, les volumes et les résultats obtenus.
Cette transparence permettrait de comparer les différentes façons d’offrir les soins sur une base réellement équitable.
Le privé choisit-il seulement les cas les plus simples?
Le secteur privé québécois regroupe des établissements très différents. Certaines organisations prennent en charge des cas simples. D’autres offrent des soins spécialisés, des chirurgies, des services diagnostiques ou des suivis complexes.
Il peut aussi être pertinent de confier certaines interventions plus standardisées à des organisations capables de les réaliser efficacement. Chaque patient pris en charge à l’extérieur d’un établissement hospitalier peut permettre au réseau de concentrer davantage ses ressources sur les cas qui nécessitent son niveau d’expertise et d’infrastructure.
L’objectif demeure d’utiliser chaque ressource là où elle crée le plus de valeur pour les patients.
Concrètement, qu’est-ce que votre vision changerait pour moi ou pour ma famille?
Davantage d’options pour obtenir les soins dont vous avez besoin et une meilleure utilisation de toutes les ressources disponibles au Québec. Selon le modèle, ces soins peuvent être financés publiquement, couverts par une assurance ou choisis directement par le patient. Le résultat recherché demeure un accès plus rapide et de qualité.
Comment vous assurez-vous que les patients passent avant les intérêts commerciaux?
En mettant la qualité clinique, la sécurité, l’autonomie professionnelle, la transparence et les résultats pour les patients au cœur des standards de la Fédération. Une entreprise de santé construit sa valeur à long terme en prenant réellement soin des personnes qu’elle sert.
Est-il acceptable de faire du profit en santé?
Notre système de santé travaille déjà quotidiennement avec des entrepreneurs et des entreprises privées : pharmacies, cabinets de professionnels, cliniques médicales, laboratoires, fournisseurs de technologies et fabricants d’équipements.
La présence d’un modèle entrepreneurial doit s’accompagner d’exigences élevées.
Pour les membres de la FSPQ, les intérêts économiques doivent demeurer compatibles avec l’intérêt du patient et les objectifs collectifs du système de santé.
Une entreprise qui améliore l’accès, l’expérience, l’innovation et les résultats peut contribuer positivement au système québécois.
Est-ce que davantage de privé nous rapproche du système américain?
Le modèle américain repose sur une architecture de financement et de couverture très différente de celle du Québec.
La FSPQ défend le maintien d’un accès universel aux soins médicalement nécessaires.
Plusieurs pays offrant une couverture universelle font aussi appel à des professionnels, des cliniques, des assureurs ou des établissements privés.
Le Québec peut donc définir son propre modèle, avec ses propres règles, en protégeant l’universalité et en encadrant clairement la contribution des acteurs privés.
Est-ce que seuls les gens qui ont les moyens vont profiter de votre vision?
Toute la population peut bénéficier d’une meilleure utilisation de la capacité privée. Lorsque l’État achète des soins auprès d’un fournisseur privé, le patient peut recevoir son traitement sans payer directement.
Une meilleure prise en charge de certains patients peut également libérer des ressources ailleurs dans le système.
La collaboration public-privé peut donc améliorer l’accès bien au-delà des personnes qui choisissent de payer elles-mêmes.
Pourquoi cherchez-vous à changer la perception des Québécois envers la santé privée?
Le mot « privé » regroupe aujourd’hui des réalités extrêmement différentes. Une pharmacie, une clinique médicale, un GMF, une clinique chirurgicale et une entreprise technologique peuvent toutes faire partie du secteur privé. Nous voulons que les Québécois puissent juger ces modèles à partir de ce qu’ils apportent réellement aux patients.
Comment la FSPQ compte-t-elle contribuer à améliorer l’accès aux soins?
En faisant avancer des modèles qui permettent de mieux utiliser la capacité déjà présente au Québec.
Cela passe par une meilleure collaboration avec le réseau public, moins de barrières inutiles, le partage des meilleures pratiques et la création de conditions favorables à l’innovation en santé.
Que voulez-vous dire par « la liberté d’agir pour sa santé »?
Nous voulons que les Québécois puissent prendre davantage de décisions concernant leur santé : choisir parmi les options disponibles, obtenir de l’information claire et accéder aux professionnels dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin.
Cette liberté passe aussi par un système qui donne aux professionnels et aux entrepreneurs suffisamment de latitude pour créer de nouvelles solutions lorsque les besoins des patients évoluent.
Qui finance la FSPQ?
La FSPQ est financée par ses membres et par ses activités. Notre gouvernance protège la capacité de la Fédération à prendre des positions dans l’intérêt collectif du secteur et des patients.
Que demandez-vous concrètement au gouvernement?
Nous demandons un cadre qui facilite les collaborations public-privé, des règles plus claires et prévisibles, davantage de latitude pour expérimenter de nouvelles façons d’offrir les soins et une mesure transparente des coûts et des résultats.
Les meilleures solutions devraient pouvoir être déployées lorsqu’elles démontrent leur valeur pour les patients.
Est-ce que la FSPQ est un groupe de pression?
La FSPQ est une fédération sectorielle qui représente les différents acteurs de la santé privée au Québec.
Nous participons au débat public, contribuons aux réflexions sur l’avenir du système de santé et faisons des représentations auprès des décideurs lorsque des politiques touchent directement nos membres et les patients qu’ils servent.
Notre rôle est aussi de faire entendre l’expérience de ceux qui travaillent chaque jour sur le terrain afin que les décisions publiques tiennent compte de la réalité concrète des professionnels, des entrepreneurs et des patients.
Est-ce que les entreprises membres peuvent influencer les positions de la Fédération?
Les membres participent aux discussions et contribuent à faire connaître leur réalité. Les positions officielles sont établies selon la gouvernance de la Fédération et doivent représenter une vision collective du secteur. L’adhésion à la FSPQ ne permet pas d’acheter une position publique.
Qui peut devenir membre de la FSPQ?
Les médecins, professionnels, cliniques, réseaux, entreprises et citoyen qui participent ou soutiennent l’offre de soins privés au Québec et qui adhèrent aux principes et aux standards défendus par la Fédération.
